À Nkolbisson, une tragédie familiale plonge tout un quartier dans la stupeur

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Le quartier Nkolbisson, à Yaoundé, s’est réveillé sous le choc après la découverte d’un drame familial ayant coûté la vie à une mère et à ses trois enfants. Derrière les faits, une histoire de souffrance silencieuse qui bouleverse voisins et proches et relance la question de la prise en charge de la détresse psychologique.

À Nkolbisson, les conversations se sont brusquement tues. Devant la maison désormais fermée, des voisins se rassemblent encore, incrédules, cherchant des mots pour comprendre l’incompréhensible. Une mère y a causé la mort de ses trois enfants avant de mettre fin à ses jours, laissant derrière elle un quartier meurtri et une famille brisée.

« On les voyait tous les jours… les enfants jouaient souvent dehors », confie une riveraine, la voix tremblante. Comme beaucoup, elle peine à concilier les souvenirs d’une famille discrète avec la violence du drame. Dans ce secteur habituellement animé, l’atmosphère est devenue lourde, marquée par la tristesse et les interrogations.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la femme traversait une période de grande fragilité émotionnelle. Des proches évoquent des tensions conjugales persistantes et un profond sentiment d’abandon qui l’aurait progressivement isolée. Plusieurs témoignages décrivent une personne devenue plus renfermée ces derniers temps, sans que l’entourage ne mesure pleinement la gravité de son mal-être.

Pour les habitants, le choc est d’autant plus grand que rien ne laissait présager une telle issue. « On vit souvent côte à côte sans savoir ce que l’autre traverse vraiment », murmure un voisin, résumant le sentiment partagé dans la communauté. Le drame rappelle combien la souffrance psychologique peut rester invisible, dissimulée derrière le quotidien.

Des professionnels de santé soulignent que les crises familiales, lorsqu’elles s’accompagnent d’une détresse mentale profonde, nécessitent un accompagnement rapide et attentif. Pourtant, le recours à l’aide psychologique reste encore entouré de tabous, et beaucoup hésitent à demander du soutien, par peur du regard des autres ou faute de structures accessibles.

Alors que les autorités poursuivent les investigations pour établir les circonstances exactes des faits, à Nkolbisson, l’heure est au recueillement. Des voisins s’organisent déjà pour soutenir les proches endeuillés, tentant de transformer la douleur collective en solidarité.

Dans ce quartier désormais marqué par le silence et le souvenir, une question demeure : comment repérer et accompagner ceux qui souffrent avant que le désespoir ne devienne irréversible ? Pour beaucoup d’habitants, cette tragédie sonne comme un appel urgent à mieux écouter, mieux soutenir et ne plus laisser la détresse sévir dans l’ombre.

Océane Nguekap


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