Pont de la Dibamba : entre inquiétudes sur l’ouvrage actuel et projet d’un second pont à 60 milliards de FCFA

Partagez cet article

Des vibrations signalées par les usagers du pont de la Dibamba ont ravivé les inquiétudes autour de cet axe stratégique reliant l’Est du Cameroun à la capitale économique. Tandis que des travaux correctifs sont engagés pour sécuriser l’infrastructure existante, le gouvernement annonce la construction prochaine d’un second pont afin d’anticiper la croissance du trafic.

Depuis plusieurs semaines, les automobilistes et conducteurs de poids lourds empruntant le pont de la Dibamba, situé sur la nationale n°3 entre Douala et Yaoundé, signalent des vibrations inhabituelles lors du passage des véhicules. Une situation qui a rapidement suscité des inquiétudes quant à la solidité de cet ouvrage mis en service en 1984 et fortement sollicité par le trafic routier national et sous-régional.

Face à ces alertes, le Ministère des Travaux publics (MINTP) a diligenté une expertise confiée au Laboratoire national de génie civil. Les conclusions ont révélé trois principales anomalies : un dysfonctionnement des joints de chaussée, des fissures observées sur la culée Est et une dégradation localisée du revêtement du tablier. Selon les techniciens, ces défaillances accentuent les effets dynamiques lors du passage des camions, expliquant les secousses ressenties par les usagers.

Les autorités se veulent toutefois rassurantes : les fondations de l’ouvrage demeurent stables. Des travaux correctifs ont été engagés, notamment la réparation des joints de dilatation et la réfection du revêtement. En attendant la fin des interventions, une limitation de vitesse à 20 km/h a été imposée aux poids lourds à l’approche du pont afin de réduire les contraintes mécaniques.

Infrastructure clé pour l’économie nationale, ce passage supporte un trafic intense sur les corridors reliant le port de Douala aux capitales d’Afrique centrale, notamment Ndjamena et Bangui. Sa position stratégique en fait un point névralgique pour l’acheminement des marchandises vers l’hinterland.

Parallèlement aux mesures d’urgence, le gouvernement prépare une réponse structurelle avec la construction d’un second pont sur la Dibamba. Le projet, estimé à 58,8 milliards de FCFA, devrait être réalisé par l’entreprise canadienne Magil et financé par Standard Chartered Bank. Cette nouvelle infrastructure s’inscrit dans le développement de la pénétrante Est de Douala et vise à fluidifier la circulation des passagers et des marchandises venant de Edéa, de Yaoundé ou encore du port en eau profonde de Kribi.

Le futur ouvrage devra également améliorer la desserte d’équipements structurants, à l’image du stade de Japoma, tout en accompagnant la croissance des échanges commerciaux régionaux. Les caractéristiques techniques détaillées du projet restent encore attendues, mais les autorités affichent leur volonté de renforcer durablement les capacités de cet axe routier stratégique.

Long d’environ 370 mètres, le pont actuel a déjà connu plusieurs réhabilitations, dont une importante opération menée entre 2012 et 2013. Les récentes vibrations, bien que jugées maîtrisées, rappellent néanmoins les défis liés au vieillissement des infrastructures routières face à l’augmentation constante du trafic.

Entre réparations immédiates et ambitions d’infrastructures nouvelles, l’État camerounais cherche ainsi à concilier sécurité des usagers et vision à long terme, dans l’objectif de désengorger l’entrée Est de Douala et de sécuriser un corridor vital pour l’économie nationale et sous-régionale.

Crescence Alain Banlock


Partagez cet article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires